La presbyacousie, un problème sociétal.

La presbyacousie, un problème sociétal.

Avec l’âge les problèmes auditifs augmentent et nous isolent. La stimulation cérébrale et les aides auditives peuvent nous permettre d’y remédier.

Corrélation entre la perte auditive et l’isolement

La presbyacousie, phénomène entraînant la perte d’audition lie à l’âge, augmente  fortement au fur et à mesure que nous vieillissons. Ce n’est un secret pour personne, les problèmes d’audition ont tendance à se manifester lorsque nous prenons de l’âge. Ils concerneraient 40% des personnes de 60 à 70 ans et plus de 50% des personnes de plus de 80 ans. Au début, on demande poliment de répéter, on se rapproche pour mieux entendre, on augmente le son de notre téléviseur, on fait de notre mieux pour suivre une conversation dans un environnement bruyant, mais vient un moment où tout cela peut créer un décalage et des difficultés d’interaction avec nos interlocuteurs et nos proches.

Des études réalisées par des chercheurs et publiées dans la revue Ear and Hearing on mit en lumière le lien néfaste entre la baisse de l’audition, l’isolement social et le déclin cognitif, causé entre autre par des pertes de mémoire liées à une sous exploitation de leurs facultés cognitives. En d’autres termes, pour une baisse de 10dB, le risque d’isolement social augmente de 52%. A partir d’une baisse de 25 dB, une personne augmente ses risques de développer une perte de mémoire et a cinq fois plus de risques de développer une démence sénile à partir d’une perte de 40 dB.

Lorsque l’on entend moins bien, nous nous efforçons de concentrer nos capacités intellectuelles et sensorielles pour essayer d’entendre plus clairement, en faisant travailler certaines zones du cerveau de façon excessive, au détriment des autres, facilitant un vieillissement prématuré de nos fonctions intellectuelles. Cet effort constant fatigue de façon importante les personnes affectées, les poussant petit à petit vers un renfermement sur eux-mêmes. De plus, être coupé des discussions des autres ou des bruits ambiants facilite la mise en retrait, parfois par honte de devoir faire répéter, ou simplement par fatigue. Il devient difficile d’entretenir une vie familiale, sociale et culturelle en raison des efforts requis. Aller voir un film ou une pièce de théâtre peut devenir une lutte de 2 heures afin de bien entendre tous les dialogues et suivre le fil, tout comme un repas entre amis ou avec votre famille peut se transformer en un mélange de sons non distincts difficile à capter. Helen Keller, militante politique Américaine aveugle et sourde a écrit un jour « La cécité sépare les gens des choses, la surdité les sépare des gens ». Un problème malheureusement vicieux car de part leurs apparition progressive, les troubles de l’audition conduisent malheureusement le gens atteint à se renfermer sur eux même petit à petit, entraînant des symptômes comme la détresse psychologique, la dépression ou encore une fatigue intense. Une situation malheureusement sous estimée et méconnue par beaucoup de gens. Le bilan est d’ailleurs inquiétant.

Stimuler le cerveau pour ralentir le processus

En France, la détresse psychologique touche près de la moitié des victimes de troubles auditifs. Un taux trois fois plus élevé que pour la part de la population en général. Il est donc important de traiter rapidement et efficacement ce fléau qui vient à gâcher la vie d’un bon nombre d’entre nous. Les associations concernées sont toutes d’accord sur le besoin de mettre en place un service de prise en charge adaptée, comme l’explique Jean-Louis Bosc, vice-président de l’Union Nationale pour l’Insertion du Déficient Auditif (UNISDA): « Les effets de la surdité ne sont pas forcément connus de tous les psychiatres et psychologues. Cela suppose donc une formation particulière, une expérience dans ce domaine. Et il faut savoir qu’en France, il n’y a que quatre centres qui offrent cette possibilité ». De tel centres offre un personnel médical formé au langage des signes et conscient de la souffrance lié au handicap de la surdité.

Car au delà de l’handicap physique, les patients peuvent aussi faire face à une perte de repères, d’identité.  Ursula Renard, psychologue, explique que : « Quand il y a une perte de ce sens, ce n’est pas seulement un problème de communication, c’est un problème de perte identitaire. Par exemple, certains patients ont besoin de la musique comme un objet thérapeutique et quand ils perdent cette capacité, ils perdent des sources d’alimentation de leur personnalité, de bien-être… Il faut alors inventer. Et le but de la thérapie est d’inventer autre chose, déplacer le rapport au monde, trouver d’autres sources identitaires qui leur permettent de tenir ».

A notre échelle, il est donc important de continuer à stimuler le système auditif des personnes atteintes dans notre entourage, afin de préserver l’écoute et la compréhension de la parole, tout en prenant soin de ne pas les laisser sombrer dans l’isolement. Il a aussi été prouvé que le port d’un appareil auditif permettait de ralentir le processus de progression de la surdité et d’améliorer de façon conséquente la qualité de vie des personnes atteintes de perte auditives.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *